Des artistes dans leur jardin

Le 9 décembre 2011, nous avons eu le plaisir d’accueillir au CDI du Lycée Ampère Monsieur Martella qui, sous la forme d’une petite conférence d’environ deux heures, nous a présenté quatre jardins sur lesquels il a travaillé. Ce sont tous des jardins d’artistes. Il n’a pas cherché à mettre en avant l’aspect fonctionnel, utile de ces jardins mais la dimension humaine, poétique et intimiste. La sensibilité, le style de l’artiste sont présents, dans la manière d’organiser (ou de laisser une certaine liberté) les jardins. L’artiste développe un lien particulier avec le lieu, c’est un refuge, loin de la ville, des mondenités où l’artiste s’isole pour créer.

Le premier jardin présenté est celui de François-René Chateaubriand, dans la Vallée aux loups. L’artiste l’acquiert en 1807 mais il n’y reste que peu de temps. Il trouve refuge dans ce jardin lorsque Napoléon devient Empereur. Il a rapporté, de son travail d’Ambassadeur à Londres, le goût des jardins à l’anglaise. Il s’implique beaucoup dans la conception du jardin, conçoit les allées, plante les arbres, choisit les plantes en fonction de leur origine géographique… Le tout conserve un côté naturel, sauvage et donc très anglais, comme le montre la présence de la petite fabrique où il aimait travailler.

 Photo de Lydia (source : http://medieval-lydia.blogspot.com/)

Photo de Lydia (source : http://medieval-lydia.blogspot.com/)

Ensuite, nous est présenté le jardin du peintre Claude Monet, à Giverny en Normandie, que l’artiste achète en 1883. Le jardin est divisé en deux parties dont la première est très structurée, géométrique, presque rigide. Il le compose comme il compose ses tableaux, il fait attention aux couleurs, aux textures (avec notamment la forme, la couleur et la taille des arbres et de leurs feuilles). La seconde partie du jardin, située derrière les rails de chemin de fer, contient un plan d’eau, les formes du jardin sont plus sensuelles, sauvages et fortement inspirées du Japon.  Il y a une opposition entre d’un côté, l’Occident et de l’autre, l’Orient. Contrairement à Chateaubriand, son jardin est moins fermé, il y invite ses amis. Ici, le jardin est une source inépuisable d’éléments d’inspiration pour ses tableaux.

Giverny – Photo Ariane Cauderlier

Claude Monet, « Une Allée du jardin de Monet, Giverny »

Ce jardin laisse place à celui de Jean Fautrier, peintre du XX ème siècle. C’est le jardin de l’île verte. C’est là que, traqué par les nazis, Fautrier se réfugie après être allé dans la vallée des loups. Le côté négligé, sauvage plait à l’artiste et lui ressemble. Fautrier, à la différence de Monet, ne peignait pas son jardin mais sa seule présence l’inspirait. Le jardin est très libre, en éclos au désir de la liberté du peintre.

Depuis le 1er avril 2009, l’île Verte, entité du parc de la Vallée-aux-Loups situé à Châtenay-Malabry, ouvre ses portes au public pour la 1re fois. Ce jardin, d’une superficie de 1,3 hectare, est la propriété du conseil général depuis 2003.

 Le quatrième et dernier jardin est plus moderne, plus insolite que les précédents. Il est également assez petit. Dereck Jarmon, son créateur, le conçoit lorsqu’il apprend que, séropositif, il ne lui reste que peu de temps à vivre. Son travail débute par l’achat d’une maison de pêcheur dans le sud de l’Angleterre. Il est limité par le temps, il ne peut pas planter d’arbres car il ne les verra pas grandir. Il joue sur le minéral, les plantes méditerranéennes, aromatiques. Il crée un dialogue entre minéral et végétal. Le jardin n’est pas fermé, il n’y a pas de barrière, c’est une forme d’infinité. On peut l’associer à un travail de la mémoire testamentaire.

C’est par la découverte de ces quatre jardins, tous différents, que Monsieur Martella a tenté de nous faire découvrir le principe du jardin d’artiste, dans une conférence que l’on ne pouvait trouver que trop courte.

Nathalia Leclet (TL1)

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